Bon allé, je me lance pour vous faire part de mon histoire...
J'ai toujours l'impression que
je n'ai pas été anorexique, que je n'ai pas été «
assez malade » par rapport aux « autres »...
Quand j'étais en
6ème une de mes amies (11 ans donc à l'époque) a été
hospitalisée pour anorexie, à l'époque je ne savais pas trop ce que c'était, et puis quand on m'a expliqué, je me suis dit : «
quand je serai plus grande je ferais pareil ! »
Je ne sais pas pourquoi j'ai eu cette réaction.
Après ça, j'ai continué à vivre comme si de rien n'était jusqu'à mon entrée au
lycée. Et puis j'ai commencé a
m'accrocher sérieusement avec mes parents, je me suis fais piercer le nombril sans leur autorisation, j'avais un copain qui leur plaisait moyennement, bref
rien n'allait chez moi pour eux !!
A la fin de mon année de première (en
2004 ) j'ai
complètement craqué, je me suis mise à me
mutiler. Puis une autre de mes amies a été hospitalisée pour
anorexie encore. Alors je me suis mise à faire pareil... Mon copain à commencé à s'inquiéter, surtout lorsqu'il a découvert les
marques sur mon bras.
Puis ça a été les
grandes vacances, je n'ai vu personne, je me suis contenté de faire un
régime draconien (je savais que j'allais tomber dans l'anorexie, et c'est ce que je voulais) si bien qu'en septembre j'avais
perdu 7 kilos (passée de 56 à 49). Tout le monde m'en faisait la remarque et j'en étais ravie. Tout le monde sauf mon copain, qui m'a carrément dis : «
vas te faire soigner, j'en ai marre !! ». Je lui ai dis que j'étais d'accord, à condition que ça ne soit qu'une pause entre nous, le temps que j'aille mieux... j'en ai donc parlé à ma mère, qui m'a amené chez le médecin.
1ère hospitalisation, chez moi dans les vosges. Pas de contrat de poids, juste un
suivi psychologique, mon état n'est
pas désespéré selon le pédiatre.
Je me maintien un petit peu, puis
je perd pied, je ne suis même plus capable d'avaler la moindre chose, je tombe à
40 kilos en octobre. Là je suis redirigée vers le
CHU de Nancy, ou je suis hospitalisée
2 mois. J'accepte de reprendre tout ce poids de moi-même, ma
seule motivation est mon ex-petit ami.
J'arrive à mon contrat, je sors donc. Je reprends mon année de terminale en cours de route, j'ai un
emploi du temps aménagé.
Et là, je croise mon ex-ami tenant la main d'une de mes amies de classe...je
suis déchirée, j'ai l'impression qu'on vient de m'arracher le c½ur, là, dans ce couloir moisi !!
Je
rechute.
Et puis je me dis que merde, je ne veux pas
pourrir dans ce lycée, alors je me maintien pour passer mon
bac, tant bien que mal. Je passe mes récréations enfermée dans les toilettes
à pleurer, je ne veux voir personne.
J'ai mon bac.
Puis je
rechute.
Mes parents me prennent un appartement à Nancy (
ironie du sort : juste en face du CHU) pour mes études de
médecine. Rentrée en septembre, je vais un peu mieux moralement, je fais
43 kilos, je mange mais je perd du poids... Mon pédiatre me menace de me réhospitaliser, je
perd à nouveau le contrôle, je suis hospitalisée une 3ème fois, cette fois je suis à
38 kilos.
Je n'arrive pas à reprendre du poids à l'hôpital, pourtant je mange, mais rien n'y fait. Les infirmiers me soupçonnent de
me faire vomir,
ce n'est pas vrai !! Je me retrouve avec une
sonde dans le nez. J'ai vraiment vécu cette étape comme un
gavage, alors qu'on venait de
me sauver la vie !!
Je sors 3 mois plus tard.
Mais je
n'accepte pas du tout mon nouveau poids. Je me retrouve à la fac, à prendre l'année en cours. Je recommence à me
mutiler, et je sombre dans une
profonde dépression.
Parallèlement je fais la connaissance d'une
psychologue géniale (la 4ème que je rencontre) qui me sort peu à peu de cet enfer.
J'ai repris la fac l'année suivante, décidée à réussir.
J'ai repris la vie en même temps, bien décidée à m'en sortir !!
Aujourd'hui je
contrôle encore beaucoup mon poids, parce que mon corps n'est pas encore remis de tout ce que je lui ai fais subir,
il n'en fait encore qu'à sa tête.
Je n'ai pas retrouvé de
petit ami, je n'arrive pas à me reconstruire à ce niveau.
Mais j'ai surtout
repris goût à la vie. J'ai retrouvé le
plaisir de rire, de se
laisser aller, et de
faire confiance aux autres...
Je tiens à m'excuser pour certaines choses que j'ai écrite, qui peuvent vous choquer.
Ne me juger pas, c'est la seule chose que je vous demande ...